Allons en France 2012

Pour la défense des droits de l’homme dans le monde

Dix jours durant, du 6 au 16 juillet 2012, 120 jeunes venus de 82 pays du monde entier ont effectué un voyage en France dans le cadre d’un programme de rencontre entre des jeunes de moins de 25 ans intitulé « Allons en France ». A cette occasion, ils ont pu visiter les villes de Paris et Strasbourg. Ce voyage a été le premier prix d’un concours organisé conjointement par les Instituts français des pays qui parlent la langue française. Des jeunes venus du monde entier se sont donné rendez-vous cette année dans la thématique des « Droits de l’homme au 21ème siècle : nouveaux défis ». Tout au long du séjour, l’Ambassadeur des Droits de l’Homme François Zimeray a été présent en permanence, il est d’ailleurs le parrain de cette promotion. L’ouverture officielle s’est tenue dans l’après-midi du samedi 7 juillet en présence de l’Ambassadeur français des Droits de l’Homme, du sous-directeur de la Diversité linguistique et du français au ministère français des Affaires étrangères Jean-Marc Berthon, de Cécile Pélissier sous-directrice de la Maison de la Culture du Monde, ainsi que de diverses personnalités du monde de la langue française. Après cette rencontre en France, les jeunes participants sont devenus des ambassadeurs des Droits de l’Homme dans leur pays respectif.

Dès le premier jour, à l’arrivée à l’Aéroport de Roissy CDG, les participants ont tissé des liens de fraternité lesquels se poursuivront dans les pages facebook et twitter d’« Allons en France 2012 ».

Des débats brûlants

Comme cette année, le thème choisi concernait les droits de l’homme, chaque participant était censé avoir déjà un engagement fort en la matière dans son pays d’origine. Les idées et points de vue divergents se sont entrechoqués lors des débats et tables-rondes organisés par la Maison de la Culture du Monde. Des sujets étaient plus brulants que d’autres mais tous ont touché la sensibilité de la majeure partie des participants. Ainsi, dans le cadre de la thématique « Les enjeux de la mémoire » au cours de laquelle les participants ont visité le « Memorial de la Shoah », l’intervention du responsable éditorial de l’histoire et des guerres de mémoires, Georges Bensoussan, sur l’histoire des Juifs mais aussi sur la question qui divise Israël et la Palestine, a suscité un long débat et des histoires personnelles ont même été évoquées. Plusieurs participants n’ont pas supporté l’intervention de l’historien. A noter que le « Mémorial de la Shoah » est un musée consacré à l’histoire des Juifs au cours de la Deuxième Guerre mondiale. « Ouvert en 2005, le site abrite également un centre de documentation sur l’histoire juive contemporaine fondé pendant la Seconde Guerre mondiale dans le but de réunir les preuves documentaires sur la destruction des Juifs d’Europe », a annoncé Jacques Fredj directeur du Mémorial. Bref, tout au long du séjour l’opposition d’intérêt entre Musulman et Juif a été toujours visible.

Visite de plusieurs institutions européennes

A Paris et à Strasbourg, les participants ont eu un programme bien chargé et des rencontres avec plusieurs personnalités françaises et européennes ont été effectuées. Des visites ont également enrichi les débats entre les représentants de diverses institutions et les participants au séjour venus du monde entier. A Strasbourg, la visite du Parlement européen et notamment de l’Hémicycle a été surprenante. A noter que Strasbourg est le siège officiel du Parlement européen, seul organe dont les membres sont élus au suffrage universel direct. L’institution compte 754 députés qui représentent les 500 millions de citoyens de l’Union européenne issus des 27 Etats membres. Mais le Parlement européen n’est pas la seule institution que les participants ont visitée, ces derniers ont également eu l’occasion de faire un détour à la Cour européenne des Droits de l’Homme toujours à Strasbourg dont les responsables ont expliqué le rôle et le fonctionnement. A Paris, les participants ont successivement visité le Musée du Quai Branly, le Palais de Justice, l’Assemblée nationale et ils ont même eu l’occasion de rencontrer Yamina Benguigui, ministre déléguée des Français de l’étranger et de la Francophonie au ministère européen des Affaires étrangères.

Interventions des participants

Par ailleurs, mises à part les visites de sites historiques et institutionnels, des débats, des animations, des projections de films comme « Persepolis » de Marjane Satrapiont ont également été au programme, les projections de films ont toutes été suivies de grands débats passionnants. Force est de constater que le séjour était bien chargé et malgré la pluie qui est tombée tous les jours, les participants n’en ont eu cure, tous captivés qu’ils étaient par la richesse du programme. Chaque jour, un thème est proposé aux participants, avec toujours des débats et des interventions, notamment sur la situation des droits de l’homme dans leur pays, thème qui, bien souvent, est à l’origine d’un projet. Et ces thématiques tournaient toujours autour du grand thème de cette année que sont « les droits de l’homme » dont la lutte contre le racisme et les préjugés, les droits des femmes avec l’intervention de Sambo Oeurn du Cambodge et de Joella Bigirimana du Burundi, la lutte contre les discriminations et l’égalité des droits avec Yamina Thabet de Tunisie et Marcos José Espinoza Brenes de Nicaragua, les enjeux de la mémoire, « S’engager aujourd’hui pour demain » avec l’intervention d’Amadou Mariko du Mali et Salma Jrad, « La justice et les droits de l’homme » avec Shadia Garcia de Honduras, « L’implication des nouvelles technologies en matière de droits et liberté : liberté d’expression : implications des nouvelles technologies en matière de défense des droits et des libertés » avec Nirina Rasoanaivo de Madagascar et, enfin, les dialogues des cultures.

Charte des droits de l’homme

Au cours du séjour, les participants divisés en cinq groupes ont travaillé chacun sur une thématique et, à la fin du séjour, chaque groupe a présenté cinq problèmes majeurs dans le monde et avancé aussi cinq solutions. A noter que les problèmes présentés devaient être d’actualité sur le plan mondial et non pas propres à un pays donné. Et les thématiques présentées sont « La justice et le droit international : rendre le conseil de sécurité de l’ONU plus performant et représentatif du monde actuel, éveiller les consciences aux droits de l’Homme et faire des jeunes des ambassadeurs d’un monde plus juste, permettre aux citoyens du monde de faire respecter leurs droits fondamentaux, faire prévaloir les droits de l’Homme sur les intérêts économiques et assurer la séparation des pouvoirs » ; « Lutte contre les discriminations et les inégalités : assurer à tous les enfants la possibilité de vivre sans discrimination sociale, économique ou raciale, à avoir accès à une bonne éducation, éviter que les migrants perdent leur dignité en quittant leur pays, pouvoir choisir librement son orientation sexuelle, favoriser l’ouverture des écoliers sur les cultures étrangers à travers le système éducatif et permettre aux personnes discriminés de s’exprimer » ; « Vie citoyenne et démocratie : aider les jeunes à comprendre les enjeux de la vie politique et les inciter à s’impliquer, faire en sorte que le peuple soit mieux représenté par ses élus, développer l’engagement citoyen des personnes issues de milieux socioéconomiques défavorisées et garantir l’accès à l’information transparente et vérifiée » ; « Droits des femmes et des enfants : garantir à chaque enfant le droit fondamental d’accéder à l’éducation et le droit d’étudier dans des conditions favorables, éviter la discrimination des femmes à l’embauche, lutter contre la sous-alimentation des enfants, aider les femmes à prendre conscience de leur droits et faire évoluer les coutumes traditionnelles qui vont à l’encontre des droits des femmes » ; et la dernière thématique est « La liberté d’expression : respecter les droits de manifestations dans toutes les sociétés, encourager la liberté d’expression chez les enfants dès le plus jeune âge, garantir que les citoyens puissent s’engager et participer à des manifestations qui auront de réels impacts sur les systèmes politiques, promouvoir la liberté d’expression des minorité dans la société et éviter l’utilisation d’expressions insultantes et portant atteinte à la dignité pour exprimer son opinion dans l’espace publics ».

14 Juillet à l’Elysée

A noter également que ces jeunes ont été invités personnellement par le président de la République française François Hollande pour assister au défilé qui s’est tenu sur l’avenue des Champs Elysées à l’occasion de la Fête nationale française, le 14 juillet dernier. Les participants, assis à la Tribune officielle, ont non seulement été honorés par cette invitation mais ont également honoré leurs pays d’origine. Le défilé du 14 juillet, cette année, avait pour thème « Juillet 2012 : les armées au service de la Nation et de la paix dans le monde : hier, aujourd’hui, demain ». L’Armée française et l’Etat français ont bien montré leur supériorité avec des armes et des véhicules de toutes sortes. Le défilé à pied à ouvert la parade par un détachement des casques bleus. Les unités de l’armée de l’air, héritières des traditions, l’escadron de chasse « Ile de France », l’escadron de chasse « Normandie-Niemen » et le groupe de ravitaillement « Bretagne » ont suivi. Par ailleurs, pour la première fois depuis 40 ans, toutes les unités de l’Armée de terre, héritières des formations de chasseurs à pied, n’ont pas été en reste. Elles ont défilé au « pas chasseurs » cadencé à 135 pas par minute. Au sein des défilés motorisés, les opérations en Afghanistan et en Lybie ont également été représentées. Le défilé aérien, qui a ouvert et clôturé la parade, a vu la participation des aéronefs qui ont participé aux missions opérationnelles récentes. Ils ont été mis en valeur et ont volé aux côtés d’avions belges et britanniques qui concrétisent en partie les multiples coopérations que la France a tissées avec ses partenaires européens. Cependant, les jeunes ont attendu avec impatience le discours du président de la République mais il n’a pas eu lieu.

Remise de certificat

Après ce séjour d’une dizaine de jours en France (Paris et Strasbourg) et après avoir participé à toutes les activités du programme élaboré par les organisateurs, les participants ont présenté une production pour chaque thème qui a fait appel à la créativité, à l’ingéniosité et aux talents de chaque participant. Chaque groupe disposait d’une quinzaine de minutes pour présenter son projet et tous les membres du groupe devaient y participer. Des productions époustouflantes et à couper le souffle et qui ont surpassé les attentes des organisateurs. Ensuite, les organisateurs ont attribué à chaque participant une attestation, en reconnaissance de sa participation et de son engagement au cours du programme « Allons en France 2012 », une attestation signée par Jacques Pêcheur, directeur du Département de Langue française à l’Institut français, de François Zimeray qui est aussi le parrain de ce programme « Allons en France 2012 » et Ambassadeur des Droits de l’Homme, ainsi qu’Arwad Esber, directrice de la Maison des Cultures du Monde.

Les participants du programme en présence des organisateurs et des animatrices ont terminé le séjour par une croisière sur la Seine toujours dans le but de montrer aux jeunes la beauté de Paris, de la France, le pays de la liberté. Et l’année prochaine, d’autres jeunes venant du monde entier effectueront à leur tour une visite en France dans le cadre de la rencontre « Allons en France » et d’autres thèmes leur seront proposés.

Nirina Rasoanaivo (Participante au programme « Allons en France 2012 », du 6 au 16 juillet 2012 en France)

JPEG

JPEG

Dernière modification : 30/07/2012

Haut de page