Cérémonie du 14 juillet ǀ Discours de l’Ambassadeur de France à Madagascar

Discours prononcé par l’Ambassadeur de France à Madagascar, Mme Véronique Vouland-Aneini, lors de la cérémonie officielle donnée à l’occasion de la Fête nationale française à la Résidence de France, jeudi 14 juillet 2016.

Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames, Messieurs les membres du corps diplomatique,
Monsieur le sénateur des Français de l’étranger,
Madame la Vice-présidente de la région Nouvelle Aquitaine,
Mme la secrétaire générale de la Francophonie,
Mesdames et messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Monsieur le Consul général,
Messieurs les Conseillers consulaires,
Madame le maire,
Chers compatriotes,
Chers collègues mesdames et messieurs,

Mon mari et moi-même sommes très heureux de vous accueillir à la Résidence de France.

Votre présence nombreuse et éminente pour célébrer la fête nationale française témoigne du moment particulier que représente cette cérémonie à Madagascar. Ce n’est pas à vous, chers amis malgaches, chers compatriotes qui êtes les principaux acteurs de la relation entre nos deux pays que je vais expliquer la nature de ce lien unique.

Cependant peu d’entre vous connaissent la multiplicité et la richesse du réseau que j’ai le privilège d’animer et c’est sous ce signe que j’ai souhaité placer cette célébration.

Vous êtes passé devant une grande toile sur laquelle vous avez peut être jeté un œil distrait. En repartant regardez la plus attentivement. Vous y verrez par grappe toute la diversité des institutions liées à la France qui apportent leur concours au développement de la Grande Île et représentent autant de partenariats possibles pour l’avenir.

Il m’est difficile de les citer tous, chacun dans leur domaine, avec leur compétence propre, ils permettent aux Malgaches de mieux se nourrir, de mieux se soigner, de mieux se loger, de mieux se former, mieux tirer parti des richesses extraordinaires de leur pays, de se sentir davantage en sécurité, en appui naturellement des autorités compétentes, dans le respect de la souveraineté et la confiance mutuelle. Je mentionnerais toutefois plus particulièrement la coopération décentralisée. C’est-à-dire ces dizaines de collectivités territoriales françaises partenaires de collectivités territoriales malgaches pour un développement partagé au plus près des besoins.
Votre présence parmi nous Madame la Vice-présidente de la région Nouvelle Aquitaine témoigne de l’intensité de ces échanges.

Vous verrez aussi, sur cette grande toile, les structures multilatérales avec lesquelles la France travaille à Madagascar et auprès desquelles elle est son plus fervent avocat qu’il s’agisse de l’Union européenne ou de l’Organisation internationale de la Francophonie avec laquelle, Madame la secrétaire générale, nous développons ici de nombreux projets.

Vous avez aussi traversé une forêt de bannières qui chacune illustrent une entreprise partenaire du 14 juillet. Beaucoup d’entre elles sont françaises et contribuent aussi à la présence multiple de la France que j’évoquais à l’instant. A Madagascar elles sont de toutes sortes, de toutes tailles, elles créent des emplois, paient leur impôts, contribuent à la stabilisation du climat des affaires et très souvent à la formation des jeunes malgaches qu’elles recrutent et à l’internationalisation de leur carrière.
Depuis mon arrivée j’ai entendu beaucoup d’interrogations sur les motivations de la France, sur les raisons d’un investissement si important et si divers et je voudrais m’employer avec force à lever les doutes parfois peu sincères qui s’expriment.

En dehors de l’héritage de l’histoire qui fait de la France un partenaire à part, il y a pour nous un intérêt majeur à la réussite de Madagascar, au redressement de son économie, à l’amélioration de la qualité de vie de ses habitants, à sa meilleure insertion dans son environnement régional et international. Madagascar est notre premier voisin dans l’Océan indien avec les Départements de Mayotte et de la Réunion, c’est un grand pays francophone, et il accueille une communauté française et des entreprises françaises nombreuses qui partagent les difficultés et les aspirations des Malgaches à la sécurité et à la prospérité.

Notre engagement à vos côtés, Monsieur le Premier ministre, est un pari sur l’avenir et vous avez, sous l’autorité du Président de la République, la lourde responsabilité de cet avenir à un moment décisif de la vie politique de votre pays.

En effet, depuis deux ans, Madagascar est sortie d’une crise profonde et la France a pesé de tout son poids pour que le pays retrouve la voie de la démocratie. Nous serons donc très attentifs, avec les autres partenaires du pays, à la consolidation de cette démocratie.

La lutte contre la corruption, le redressement et la fiabilité de la justice, une meilleure répartition des richesses, la restauration de la sécurité sont autant de défis que vous avez à relever pour faire, de 2016, comme le souhaite le président Hery Rajaonarimampianina , l’année des réalisations. Pour tout cela, j’ai longuement détaillé la vaste palette de coopérations françaises sur lesquelles vous pouvez vous appuyer.

2016 sera également l’année du retour de Madagascar sur la scène internationale avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie qui vient de s’achever avec succès, la COMESA en octobre et le Sommet de la Francophonie en novembre. Soyez assuré de notre soutien pour que vous puissiez montrer au reste du monde, le meilleur de Madagascar.

2016 devrait marquer une amélioration dans la gestion des finances publiques, avec l’octroi très probable d’une facilité élargie de crédit du FMI et le cas échéant l’organisation fin 2016 d’une conférence des bailleurs et des investisseurs. Là aussi Monsieur le Premier ministre, nous avons répondu à votre demande d’aide budgétaire et nous souhaitons vivement que ce geste de la France encourage les autres donateurs à vous accompagner.

Toutes ces marques de confiance doivent vous conforter dans le rôle majeur que vous serez appelé à jouer pour la stabilité de votre pays.

En effet, vous serez chargé des élections régionales, provinciales puis présidentielles. Ces dernières seront décisives peut être plus encore que celles de 2013. La démocratie ce n’est pas une baguette magique, c’est une pratique. Aussi ces élections n’ancreront solidement la démocratie dans votre pays que si elles sont transparentes, inclusives et surtout si elles permettent aux Malgaches, à tous les Malgaches en âge de voter de choisir vraiment leurs dirigeants. Sans des élections légitimes, libres et ouvertes, organisées dans un climat politique apaisé où la liberté de la presse et d’expression est garantie, le pays replongerait certainement, quel que soit le résultat, dans une période de crises.

Avec l’Organisation des Nations unies, avec l’Union européenne, avec l’Union africaine, la Commission de l’Océan indien, l’OIF bien sûr et les autres partenaires de Madagascar, la France sera très attentive à ce que cette prochaine étape s’effectue dans le respect des règles démocratique et de l’Etat de droit.

Mesdames et Messieurs, chers compatriotes,

Au cours de l’année écoulée la France a été frappée par des actes terroristes et continue d’être sous la menace de nouveau crimes. Madagascar a subi également à deux reprises des attaques violentes et je renouvelle à tous les Malgaches mes condoléances et ma sympathie. Il nous revient de réagir avec sang-froid face à ces menées déstabilisatrices, comme doivent le faire des démocraties sûres de leurs valeurs.

D’une manière générale, la monté de l’insécurité touche toute la population de la Grande Ile, mais également la communauté française dont cette année encore plusieurs membres ont été victimes d’assassinats et d’enlèvements. Nous travaillons en étroite collaboration avec les forces de l’ordre malgaches pour leur venir en aide et je vous remercie, Monsieur le Premier ministre, ainsi que les ministres de votre gouvernement concernés, pour les efforts réalisés par vos services dans la conduite des enquêtes et la poursuite des coupables.

Chers amis,

Je ne voudrais pas clore ce discours sans rendre hommage au remarquable dynamisme de la communauté française de Madagascar et en particulier celui de sa jeunesse. Nous avons la grande fierté, Monsieur le sénateur des français établis hors de France, d’avoir cette année, dans ce pays qui vous est cher et où vous avez probablement passé votre baccalauréat, un taux record de réussite à cet examen. Les centaines de lauréats dont un grand nombre d’élèves malgaches vont pour la plupart se rendre en France, accompagnés d’autres étudiants malgaches qui vont prendre également le chemin de la France pour leur formation. Ils croiseront les centaines de jeunes volontaires qui viennent à Madagascar mettre leur enthousiasme au service du développement du pays et peut être assisteront-ils aux Jeux des jeunes de l’Océan indien qui vont réunir en août des centaines de sportifs de Mayotte, de la Réunion, des Seychelles, de Maurice et de Madagascar.

Le Président de la République Hery Rajaonarimampianina évoque régulièrement l’importance de la jeunesse, vous le faites aussi Madame la secrétaire générale. Soyons donc confiants dans leur capacité à utiliser pour le meilleur le vaste espace francophone qui s’ouvre à eux.

Vous le voyez, ma mission ici est un défi passionnant. Nous souhaitons, mon mari et moi-même vous remercier pour l’appui que vous nous avez apporté depuis notre arrivée. Nous remercions très chaleureusement les entreprises qui ont contribué à l’organisation de cette cérémonie. Nous tenons à saluer aussi les équipes de la Chancellerie et de la Résidence qui ont tout fait pour que cette célébration soit une fête.

Je vous remercie de votre attention./.

Dernière modification : 28/07/2016

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