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Déclaration du Porte-parole du Quai d’Orsay – 6 décembre 2011.

A l’occasion de la visite en France de M. Andry Rajoelina, Président de la Transition de la République de Madagascar, M. Henri de Raincourt, ministre chargé de la Coopération, M. Hery Rajaonarimampianina, ministre des Finances et du Budget de la République de Madagascar, et M. Didier Mercier, Directeur général adjoint de l’Agence Française de Développement (AFD) signeront, en présence du président de la Transition, deux conventions de subventions, mercredi 7 décembre 2011, au Quai d’Orsay.

Ces deux conventions, représentant plus de 10 millions d’euros de dons, ont pour objectif l’amélioration des conditions de vie des quartiers défavorisés de l’agglomération de Tananarive et, une assistance technique auprès du Secrétaire général du ministère de la Santé Publique, du ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle et de l’Office National pour l’Environnement. Entre 2003 et 2010, le volume total des engagements du groupe AFD à Madagascar s’est élevé à 244 millions d’euros, plaçant ainsi la France au premier rang des bailleurs bilatéraux du pays en 2010.

Q - Y-a-t-il une partie de ces 10 millions qui va aller à l’organisme qui va organiser les élections ?

R - Non, ces deux conventions correspondent à des projets centrés sur l’aménagement urbain et l’assistance technique. L’Agence Française du Développement, surtout dans les pays d’Afrique, sa zone d’action prioritaire, est très engagée dans ces questions de développement. Je vous avais parlé la semaine dernière de conventions qui avaient été signées par l’AFD avec le Nigéria à l’occasion de la visite en France du président Goodluck Jonathan. C’était pour le financement de la construction de transports urbains par bus dans l’agglomération de Lagos. L’AFD intervient surtout sur le financement et la conduite de ces projets, que ce soit des projets dans le domaine de l’agriculture, de la médecine rurale, de l’aménagement urbain, etc.…C’est le champ d’intervention privilégié de l’Agence Française de Développement.

Q - S’agit-il d’une reconnaissance officielle de la France concernant le gouvernement de transition actuel par cette visite sachant que l’Union européenne ne reconnait toujours pas en terme politique ? Les Etats-Unis non plus par exemple.

R - Il y a un processus qui est en cours à Madagascar. Nous le soutenons. Il a eu comme étape récente la mise au point d’une Feuille de route qui a été mise au point notamment par les pays de la SADC et signée le 17 septembre dernier. Dans le cadre de cette Feuille de route, il y a eu la nomination d’un Premier ministre puis la désignation d’un gouvernement inclusif. Ce gouvernement devra conduire Madagascar vers des élections libres, crédibles et transparentes. Les Malgaches sont engagés dans ce processus. Nous avons deux préoccupations. La première, c’est un soutien politique au processus qui est en cours à Madagascar. Nous avons eu l’occasion de le rappeler mais je crois qu’effectivement votre question nous donne aujourd’hui l’occasion de le préciser : nous soutenons la mise en œuvre de la Feuille de route, qui doit permettre la tenue d’élections crédibles.

D’autre part, nous sommes engagés au coté des Malgaches en faveur du développement du pays, que ce soit par des actions de l’AFD ou par le développement de nos relations économiques avec la Grande île.

Q - Vous avez utilisé le terme "soutien" et pas "reconnaissance" ? La visite est tout de même un acte symbolique fort.

R - Oui bien sûr.

Q - Est-ce que c’est une reconnaissance officielle de la France ? En même temps vous parlez de soutien au processus engagé mais le processus est fortement bloqué par le fait que l’on ne souhaite pas le retour de Ravalomanana dans le pays. Le processus est en cours peut-être mais les négociations sont fortement bloquées.

R -Nous avons trop de respect pour le peuple malgache pour avoir la prétention de lui dire ce qu’il doit faire. Dans la Feuille de route, qui est le résultat des discussions entre une grande diversité d’acteurs malgaches, Andry Rajoelina est désigné comme président de la Transition, exerçant les fonctions de chef de l’Etat. C’est dans la Feuille de route, qui est soutenue par la SADC et la communauté internationale. C’est en cette qualité qu’il effectue cette visite en France.

C’est la responsabilité collective de tous les acteurs politiques malgaches que le processus qui est en cours, et qui est soutenu par les Africains eux-mêmes et en particulier par la SADC, puisse être une réussite. Nous apportons notre soutien politique à ce processus et nous le manifestons de manière très concrète avec des financements de projets importants pour Madagascar.


Publié le 7 décembre 2011

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