Décoration de Mme Véronique Pasquier, Conseillère économique et commerciale auprès de l’ambassade de France

Mme Véronique Pasquier, Conseillère économique et commerciale de l’ambassade a été promue officier de l’ordre du mérite malgache.

Après 5 ans en poste à Tananarive Véronique Pasquier quitte Madagascar pour profiter de sa retraite.

Discours de Mme Pasquier

Monsieur le Ministre,
Monsieur l’Ambassadeur,
Chers amis,
Un grand honneur m’est fait aujourd’hui et vous voudrez bien me pardonner de prendre la parole, avec émotion, pour exprimer ma gratitude et mon humilité.
Mon humilité, car habituée depuis 30 ans à avoir un temps compté à chaque destination, je sais toujours en arrivant que je connaitrai peu de choses en partant. Je suis bien sûr plus instruite après un an ou deux mais ceci est rarement gage d’efficacité, encore faut-il pouvoir communiquer sur sa conviction et avoir la chance de trouver des interlocuteurs réceptifs.
Je ne suis pas venue par hasard à Madagascar, c’est la seule affectation que j’ai demandée en 2005 (au lieu des 8 habituelles) et elle m’a été accordée. J’arrivais des Balkans, où j’avais passé 6 ans dans des pays traumatisés par la guerre, s’extirpant avec difficulté d’un régime à économie collective et faisant tous leurs efforts pour construire un avenir plus serein. Une multitude d’initiatives se heurtait à une administration forte mais en pleine mutation. La population y était fière et n’attendait des conseils de personne. La communauté internationale, somme de bonnes volontés aux opinions et méthodes divergentes, s’y essayait à l’unité.
Je n’étais donc pas si mal préparée pour ce qui m’attendait ici, je ne croyais déjà plus à la potion magique et comme j’ai épousé une île, l’Islande, je savais qu’il était nécessaire de regarder la carte en situant Madagascar au centre... et tout le reste en lointaine périphérie.
J’ai été accueillie par une équipe rapprochée composée entre autres de jeunes Malgaches de grande qualité qui m’ont beaucoup aidée à décoder les apparences, à comprendre les motivations, à ne pas trop heurter mes interlocuteurs. Je leur dois beaucoup et si j’ai quelquefois réussi c’est avant tout parce que j’avais autour de moi un service économique solide.
Je suis un fonctionnaire français, ma première conviction, à ce titre, est que la France a besoin de partenaires en bonne santé économique et que les échanges, culturels, sociaux, commerciaux ou industriels, doivent être équilibrés pour résister au temps. Profiter à tous est une nécessité absolue et l’unique clé du succès. Ici, encore plus qu’ailleurs, car la France de l’Océan indien est le premier voisin de Madagascar et son intérêt le plus évident est que ce pays soit stable et prospère.
Pendant ces 6 ans je me suis donc employée à aider les investisseurs potentiels à mieux connaître l’Île, à assurer une information honnête et fiable sur ce qui s’y passait, à organiser ou à aider à développer des rencontres, des forums, des foires, dans la mesure de mes moyens. Il me semble qu’il est de l’intérêt du monde économique malgache de ne pas se crisper sur des marchés protégés mais d’échanger avec les plus grands (et pas seulement avec la France) dans chaque domaine, cela permet d’avancer plus vite. Je n’y ai pas eu les grands mérites que supposerait l’honneur que vous me faites aujourd’hui, j’ai seulement travaillé avec cœur pour ce que j’estimais être notre bien commun.
Je remercie donc les autorités malgaches et tous mes amis du monde économique pour cette distinction, pour leur soutien et leur présence,
Je remercie mes collègues pour leur travail et leur amitié, cette médaille leur appartient aussi.
Comme le disent les hôtesses d’Air Madagascar : Misotra Atoko (Soutch atook) ; je ne promets pas de revenir mais je vous promets de me montrer digne de cette distinction et de ne pas vous oublier.

Dernière modification : 10/05/2012

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