Discours de Jean-Marc CHATAIGNER, Ambassadeur de France, devant la communauté française de Tuléar (03.12.2010)

Discours de S.E.M. Jean-Marc CHATAIGNER Ambassadeur de France à Madagascar devant la communauté française de Tuléar


Tuléar , le 3 décembre 2010

Bonsoir Mesdames, bonsoir Messieurs,

Vraiment je suis heureux de me trouver parmi vous ce soir, et je vous remercie de vous êtes déplacés si nombreux pour cette occasion. J’ai le plaisir de connaître déjà plusieurs personnes ici dans le Sud ; vous savez que je voyage dès que je le peux et les conversations que j’aies, avec nos concitoyens, au cours de ces déplacements dans les diverses régions de l’île m’aident beaucoup. Bien entendu le travail quotidien, spécialement en ces périodes fertiles en événements, m’oblige à rester une majorité de mon temps à Tananarive, mais j’ai tout à fait conscience que les communautés de Français vivant loin de la capitale sont très importantes aussi bien d’un point de vue culturel qu’économique. Votre communauté, à Tuléar et dans les environs, est nombreuse (plus de 1000 personnes) et les informations qu’elle donne, à travers le Consulat, à travers la CCIFM, à travers mon Conseiller économique, me permettent de mieux comprendre vos inquiétudes et vos préoccupations.

Je sais ainsi que vous vous souciez de la croissance de la population urbaine et conjointement du chômage, que l’arrivée, un jour, de la mise en œuvre des grands projets de la région vous inquiète ; vous aimeriez que les populations soient mieux formées pour répondre à cette demande prévisible et que les habitants de Tuléar ne soient pas les laissés pour compte de ce développement. Nous essayons de relayer ces informations auprès des Ministères, de l’Union européenne, de la Banque Mondiale, il est donc important que vous continuiez de nous les donner.

Je sais que vous êtes préoccupés par la sècheresse dans la région de l’Androy. Je viens d’ailleurs d’effectuer plusieurs visites avec le PAM et je vous assure que nous faisons le maximum pour aider à secourir les populations dans ces régions déshéritées (…).

Je suis chaque fois frappé, au cours de ces visites, du dévouement de nos concitoyens, de leur attachement à Madagascar et à sa population et de la variété d’actions qui sont entreprises pour aider au développement du pays, chacun selon ses possibilités. Les organismes, les associations que vous faîtes vivre et qui peuvent vous fédérer sont importantes et il est utile que nous les connaissions mieux pour les recommander lorsque c’est possible aux responsables que nous rencontrons à Tananarive. Certains d’entre vous se sentent un peu oubliés je le sais, c’est aussi pourquoi il est important que nous nous rencontrions plus souvent : je vous invite, lorsque vous passez à Tananarive à ne pas hésiter à prendre ½ journée pour nous rendre visite, selon vos centres d’intérêt, soit à la CCIFM dont je salue les membres ce soir, soit à l’Ambassade et à ses différents services qui tous vous recevront avec plaisir.

Je vais maintenant vous rappeler, en cette période de transition à Madagascar, quelle est la position de la France face à cette situation qui dure maintenant depuis presque 2 ans. Vous avez peut-être lu les comptes-rendus des entretiens que j’ai accordés il y a une semaine aux journaux « Midi Madagasiraka » et « La Gazette ». (ceux qui souhaiteraient les recevoir sur leurs boites informatiques peuvent donner leur adresse à VP et nous vous les transmettrons). La France, nous l’avons répété maintes fois, croit à une solution malgache, mise en place par les Malgaches, pour les Malgaches. Il n’y a pas d’agenda caché, de défense d’un hypothétique pré-carré, tout ceci n’est que billevesées. Vous savez mieux que quiconque que les grands projets miniers dans cette région (comme dans les autres provinces) sont internationaux, vous savez mieux que quiconque que les entrepreneurs français travaillent dur pour le développement de leurs entreprises et le maintien de l’emploi à Tuléar comme à Manakara comme dans toutes les autres villes ou villages où ils partagent le quotidien de la population ; tout cela est transparent.

Nous pensons que la solution de cette crise passe par des élections bien organisées, accompagnées par la communauté internationale sous certaines conditions, et que les leçons du dernier référendum doivent être tirées par les autorités malgaches actuelles. Ainsi, la confection des listes électorales et la distribution des cartes d’électeurs, sans doute les principales anomalies de ce scrutin devront être revues et corrigées en profondeur. La médiation internationale, conduite par la SADC, doit servir de facilitateur entre toutes les parties malgaches afin d’aider les responsables malgaches à s’accorder sur la meilleure solution pour Madagascar. Et nous espérons malgré tout que cela ne durera pas trop longtemps car les périodes d’incertitude ne sont pas bonnes pour le développement de l’économie, pour la multiplication des emplois, pour le retour de nombreux touristes.
J’ai hâte, à présent, de m’entretenir avec chacun d’entre vous et je vous propose donc un toast en faveur de cette amitié entre Madagascar et la France ont nous sommes tous convaincus qu’elle doit continuer de se développer pour le mieux être de tous :

A cette amitié et à votre santé !

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Discours de Jean-Marc CHATAIGNER, Ambassadeur de France, à la communauté française de Tuléar (03.12.2010)
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Dernière modification : 03/06/2011

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