Hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo

Vous étiez un peu plus de 300 à la résidence hier soir pour le rassemblement en hommage aux victimes de #CharlieHebdo - merci à vous. Retrouvez l’intervention de M. l’Ambassadeur à cette occasion.

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Mes chers compatriotes,

Charlie Hebdo avant-hier, Montrouge hier, porte de Vincennes aujourd’hui. Nous avions prévu de nous retrouver pour nous recueillir, dans le calme et l’unité, suite au carnage perpétré mercredi matin au siège du journal satirique. Nous voilà hélas rattrapés par l’actualité, une actualité décidément terriblement sombre, une actualité qui nous confronte à la dure obligation de devoir constater que, décidément, une guerre nous a bel et bien été déclarée.

Cette guerre est le fait d’un nombre limité d’individus, de groupuscules. Cette guerre n’est pas le fait d’entités étatiques ou d’armées constituées. Après avoir connu des convulsions et des métastases sur quatre continents, elle se déroule désormais également sur notre territoire, avec des armes de guerre, et avec, comme cruel paradoxe, le fait qu’elle ne se soucie même pas de respecter les règles de la guerre, qui veulent qu’on ne s’en prenne pas, hors enjeu précisément militaire, à des civils.

Justement, ce sont les civils qui sont au centre de l’attaque. Ils le sont car ils incarnent au plus haut point le motif ultime de cette guerre. Les civils en sont le symbole et l’objet, précisément parce que la guerre qu’on nous fait a pour objectif de détruire ce que nous sommes, ce que nous avons bâti, la société que nous avons voulu édifier, notre style de vie, et par-dessus tout, notre amour de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Parce que ce sont nos valeurs les plus chères, nos principes les plus fondamentaux, nos références les plus éternelles, qui sont attaqués, relisons ensemble nos textes fondateurs.

Déclaration des droits de l’homme du 26 août 1789

Art. 10. -
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

Art. 11. -
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948

Préambule

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme.
Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.
Considérant qu’il est essentiel d’encourager le développement de relations amicales entre nations.
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.
Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Considérant qu’une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.

L’Assemblée Générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2
Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Article 19
Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

Mes chers compatriotes,

Maintenant que cette guerre nous est déclarée, nous allons devoir la gagner. La République, dans ses frontières et hors de ses frontières, s’y emploie résolument et avec la plus ferme détermination. La République agit en ce sens, avec toute son énergie, de concert avec ses alliés, ses alliés de toujours comme ses alliés d’aujourd’hui. Ecoutez ce que le plus ancien de nos alliés a affirmé, hier après-midi, à l’ambassade de France aux Etats-Unis : "Au nom de tous les Américains, je fais part au peuple de France de notre compassion et de notre solidarité la plus profonde après cette terrible attaque terroriste à Paris. En tant qu’alliés à travers les siècles, nous sommes unis avec nos frères et nos sœurs français pour nous assurer que justice soit faite et que notre mode de vie soit défendu. Nous avançons ensemble, convaincus que la terreur ne vaincra pas la liberté et les idéaux pour lesquels nous nous battons , des idéaux qui illuminent le monde. Vive la France !".

Le combat sera long, il sera rude, et, hélas sans doute, nous recevrons d’autres coups, mais, forte de ses valeurs, forte de son unité, forte de ses moyens, forte de ses alliés, la République saura l’emporter.

Recueillons-nous, dans le calme, dans l’unité, dans la détermination et dans la fermeté, en songeant à toutes les épreuves que, depuis la nuit des temps, notre cher et vieux pays a su surmonter./.

Dernière modification : 11/01/2015

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