La Coopération française appuie la création d’un Fonds compétitif en appui à l’Enseignement supérieur et la Recherche Scientifique et la création de l’Université Numérique de Madagascar

Soutenu par la Coopération française et le projet FSP PARRUR, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESupReS) a organisé le vendredi 4 juillet 2014 à l’Hôtel PANORAMA à Antananarivo, un atelier de restitution des travaux de consultations portant sur la création du Fonds compétitif et d’Innovation pour l’amélioration de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (F.I.E.R.S.), la création de l’Université Numérique de Madagascar (UNuM) et la cartographie des Ecoles Doctorales de Madagascar. Ces différentes actions viennent en appui à la consolidation de la Politique de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à Madagascar.

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Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESupReS) a bénéficié d’une subvention du Fonds de Solidarité Prioritaire PARRUR et de l’Institut Français de Madagascar pour apporter un appui à la mise en place du système LMD effectif à partir de cette année 2014 et promouvoir la recherche en partenariat à Madagascar dans le secteur du développement rural.

Trois études ont été lancées au début de cette année 2014 pour mettre en œuvre un certain nombre de mesures et d’outils techniques et scientifiques d’accompagnement au système LMD. Il s’agit de :

  • la cartographie des 25 Ecoles Doctorales (ED) créées au niveau national entre 2011 et 2013 ;
  • l’étude de faisabilité du Fonds compétitif de la recherche et de l’innovation ;
  • l’étude de faisabilité de la création de l’Université Numérique de Madagascar ;

Ces études ont été supervisées par un Comité de suivi constitué par les responsables du MESupReS, du projet PARRUR et du Bureau de l’Océan Indien de l’Agence Universitaire de la Francophonie (BOI-AUF). Des réunions de recadrage, des consultations élargies au niveau national, des réunions de restitution à mi-parcours auprès des Comités de pilotage respectifs de ces projets ont pu se faire en vue d’améliorer les résultats.

L’organisation de l’atelier de restitution du 4 juillet a été l’occasion de restituer les résultats des travaux menés par les différentes équipes de consultants devant une assemblée des hauts dirigeants de l’Enseignement supérieur [Présidents d’Universités, Chefs d’Etablissements et Enseignants -chercheurs] et de la Recherche Scientifique malgache [Membres du Consortium des Ecoles Doctorales de Madagascar (CEDM) et Directeurs des ED et des Centres Nationaux de Recherche (CNR)] et de formuler des recommandations pratiques pour faciliter la mise place de ces 3 grands chantiers.

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Inauguration de l’atelier de restitution du 4 juillet 2014
De gauche à droite : Madame Claudine RAMIARISON, Directeur Général de la Recherche et du Partenariat (DGRP-MESupReS) ; Monsieur Vincent BARON, Conseiller adjoint de Coopération et d’Action Culturelle à l’Ambassade de France ; Madame Marie Monique RASOAZANANERA, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ; Monsieur Christian RALIJOANA, Secrétaire Général du MESupReS et Monsieur Hervé DUCHAUFOUR, Chef du projet PARRUR-MADES.

Etat des lieux des Ecoles Doctorales en vue de dynamiser la recherche universitaire et la formation doctorale (le D du LMD)

L’analyse cartographique de chacune des 25 ED existantes a soulevé un certain nombre de problèmes rencontrés dans leur démarrage et leur fonctionnement. Des remédiations et nouvelles orientations ont été présentées la veille au CEDM (instance suprême de la Recherche scientifique à Madagascar) pour validation avant d’être restituées en séance plénière le lendemain. Les principales recommandations présentées à l’atelier concernent :

  • Le statut juridique spécifique de ces ED devant leur permettre une amélioration de leur gestion financière et par conséquent leur fonctionnement (budget propre, légalisation des droits d’inscription et des frais de participation à la recherche, allocations de recherche) ;
  • l’élaboration de textes réglementaires et statutaires pour chacun des organes constitutifs de l’ED (Directeurs des ED, Responsables des Equipes d’Accueil et Chefs de laboratoire) et leur positionnement dans l’organigramme du nouveau dispositif LMD (ce qui nécessitera une refonte totale du décret loi N°565 de 2002) ;
  • la clarification des unités d’enseignement transversales au niveau de leur volume horaire (60 à 90 heures selon la thématique) et du nombre de doctorants à encadrer par HDR ;
  • l’officialisation d’une rentrée harmonisée entre institutions universitaires en instituant des arrêtés d’ouverture afin que les ED puissent s’aligner avec celles des partenaires internationaux ;
  • un appui minimal doit être assuré à chacune des ED pour leur démarrage et leur visibilité en leur dotant à moyen terme une infrastructure propre et des crédits de fonctionnement réguliers ;
  • l’élaboration d’une politique de la recherche et de contrat-programmes où la place de la formation doctorale est bien clarifiée.

Le F.I.E.R.,une structure pérenne pour assurer la gestion et le suivi d’un Fonds compétitif en appui à l’Innovation, l’Enseignement supérieur et la Recherche (F.I.E.R.)

Cette initiative de création d’un Fonds compétitif fait suite à une consultation de la BM en novembre 2012 (P.A. GIOAN et al.) en vue de pallier aux faiblesses des ressources publiques des universités et des CNR consacrées à la recherche (0,034 % du budget de l’Etat). Ce Fonds a pour but de mobiliser, de collecter, de gérer les ressources financières afin de soutenir toute activité d’intérêt général relevant des services publics d’enseignement supérieur et de promouvoir efficacement et de manière pérenne l’Enseignement supérieur, l’Innovation technologique et la Recherche Scientifique, moteurs du développement économique de Madagascar.

La Fondation reconnue d’utilité publique, régie par la loi N° 2004-014, par ses statuts et son manuel de procédure, a été choisie comme structure juridique pour la mise en place réglementaire du Fonds Une entité provisoire assurera la gestion des fonds publics qui seront débloqués avant que le statut d’utilité publique soit obtenue. Des textes relatifs à la création du Fonds et à son organisation ont été proposés :

  • statut viable et textes réglementaires de l’Association régissant le Fonds ;
  • termes de références et autres documents nécessaires pour mettre en œuvre les organes du Fonds
  • modalités de financement du budget pour deux ans d’opérationnalité ;
  • manuel des procédures de gestion du Fonds.

Des ateliers de sensibilisation et de lobbying auprès des pouvoirs publics et PTF seront préparés, organisés et animés par les responsables ministériels afin d’obtenir la reconnaissance d’Utilité Publique d’ici deux années et mener à terme la mise en place de la structure finale. Entre temps, une volonté gouvernementale a manifesté son intention d’appuyer le Fonds (3 à 4 Milliards d’Ar./an) en affectant une partie du Programme d’Investissement Public (PIP) par un mécanisme de compétition et en instaurant une participation des bénéficiaires.

Le premier Appel à Projets (AP) sera lancé en 2015. Il accordera une place particulièreà trois programmes : Pôles d’innovation et d’excellence, Programmes Mobilisateurs et Programmes Initiatives innovantes.

L’UNuM, une structure en appui à l’Enseignement numérique et à la production de Ressources Pédagogiques Numériques (RPN)

L’étude a porté sur l’analyse de l’existant, sur la réflexion des modalités de création de l’UNuM et les modes d’usages des Ressources Pédagogiques Numériques (RPN).

Les enquêtes menées auprès de l’ensemble des institutions et établissements universitaires ont montré que la totalité des établissements et la majorité des enseignants étaient favorable au projet de création de l’UNuM pour les raisons suivantes :

  • basculement du LMD désormais effectif (raison la plus évoquée) ;
  • pour les étudiants : accessibilité à des ressources pédagogiques de qualité, valorisation de leurs Travaux Personnels Encadrés (TPE) ;
  • pour les enseignants : production de ressources contextuelles malgaches, valorisation de la recherche, interdisciplinarité, collaboration et mutualisation, appui à l’enseignement et à l’approfondissement (pédagogie différenciée, télé-enseignement).
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L’équipe de consultants UNuM
De gauche à droite : Monsieur Jean Maurice RAZANAKOLONA (IST-Diégo), Madame Nadia LEABY (Faculté DEGS de l’Université d’Antananarivo), Madame Lova RAHARIMIHAJA ZAKARIASY, Coordinatrice (IST-Diégo), Madame Mirisoa RAKOTOMALALA (IST-Tana), Madame Louise Aimée RAFANOMEZANTSOA (IST-Tana) et Monsieur Bruno RAZAFINDRADINA (IST-Diégo)

La mission de l’UNuM est de produire, organiser, gérer et diffuser des ressources pédagogiques numériques de qualité au moyen d’appels à contributions rémunérées sur Fonds compétitifs (FIER) ou sur appels d’Offre ciblés. Les contributions seront assurées par différents consultants : auteurs-producteurs pour la conception et médiatiseurs pour la mise en forme. Chacune de ces ressources sera validée par un Comité d’experts thématique (agréé) avant d’être indexée et mise en ligne sur le site web de l’UNuM. La cession des droits patrimoniaux sera traduite dans un contrat entre la structure UNuM et les producteurs de RPN (hors MOOC ou FOAD) afin de lui conférer l’ensemble des prérogatives attachées au droit patrimonial.

Le déploiement du portail UNuM, hébergé par IRENALA, devra refléter une diversité d’usages multiples et mettre en accès libre ces RPN (voire même des parcours complets de type MOOC) aux étudiants et enseignants de toutes institutions universitaires, qu’elles soient publiques et privées. L’UNuM assurera plusieurs fonctions afin d’accomplir sa mission de développement du numérique dans l’Enseignement Supérieur. La diffusion des RPN (et MOOC) viendra ainsi en appui à la formation initiale (en présentiel) mais aussi à la formation continue de type hybride ou à la formation ouverte et à distance (FOAD).

Des différents modèles de structure juridique proposés, l’Association Reconnue d’Utilité Publique (ARUP) a été pré-identifée pour les raisons suivantes :

  • fluidité de la communication ;
  • au niveau des mécanismes de financement : bonne gouvernance et transparence sur la gestion financière, cotisation des membres, aide financière des organismes privés nationaux ou internationaux (via le FIER ou autres dispositifs), subvention de l’Etat possible si ARUP ;
  • au niveau des Ressources Humaines : mise à disposition totale ou partielle d’agents de l’Etat (ministères ou établissements), recrutement d’agents de droit privé sur fonds propres.

Le Comité de pilotage du MESupReS statuera très prochainement sur le lancement de l’UNUM (portailTICE) et son éventuel rattachement à l’Association iRENALA (Réseau TIC) dont la Reconnaissance d’Utilité Publique est en cours de constitution.

Dernière modification : 23/09/2014

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