La France, championne des exportations de semences (janvier 2014)

En France, le secteur des semences ne connaît pas la crise. Du maïs au colza, en passant par les potagères ou encore le lin, tous ces produits agricoles sont au cœur de l’essor de l’agriculture et de l’industrie alimentaire françaises.

Bénéficiant de très bonnes conditions climatiques, de cultures innovantes et diversifiées, et d’une excellente image à l’étranger, la filière agricole française a exporté des semences et des plants pour un montant de 1,42 milliard d’euros pour la période 2012-2013 ; soit une progression de 15 % par rapport à l’année précédente. « C’est l’équivalent de 20 Airbus A320 », souligne le directeur des affaires extérieures du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS), François Burgaud. La France se tient au premier rang des pays exportateurs de semences agricoles, devant les Etats-Unis et les Pays-Bas. Notre pays dédie en outre des surfaces agricoles importantes à la production de semences.

Une filière structurée

Au total, la filière française peut compter sur 72 entreprises de sélection, créant de nouvelles variétés, et 249 entreprises de production qui ont réalisé un chiffre d’affaires d’environ 3,1 milliards d’euros au titre de la campagne 2012-2013. Le secteur emploie près de 15 000 personnes.

Face à la concurrence mondiale, la France se distingue notamment grâce au maïs et au tournesol qui représentent à eux seuls un chiffre d’affaires de 776 millions d’euros, soit plus de la moitié du total des semences françaises exportées. PNG

De nombreuses sociétés s’ouvrent et travaillent aujourd’hui sur plusieurs segments à la fois. Par exemple, le groupe Florimond Desprez, groupe historique en betterave et leader mondial depuis trois ans pour cette espèce, se diversifie et investit notamment dans le domaine des céréales à paille. L’entreprise se tourne vers l’international : le bassin méditerranéen, l’Europe centrale et la Russie, l’Amérique du Sud.

Vilmorin-Limagrain demeure le premier groupe semencier d’origine française, contrôlant de nombreuses entreprises de la filière comme Clause, Tézier, LG-seeds, Advanta ou encore Nickerson. Il est actuellement classé cinquième semencier mondial et premier européen pour les grandes cultures. Il bénéficie notamment d’une forte implantation sur le marché nord-américain à travers l’entreprise AgReliant.

Dans le domaine de la distribution, c’est le groupe Semences de France qui est leader pour les céréales à paille et protéagineux. L’entreprise commercialise également des semences hybrides (maïs, tournesols, colzas, orges hybrides et sorghos) et des semences fourragères.

Une forte présence internationale

PNG Présentes dans près de 150 pays, les entreprises semencières françaises sont tournées vers l’extérieur. « La France a su s’adapter et ne s’est pas spécialisée sur un pays ou une région précise à travers le monde », explique François Burgaud. Les industriels exportent d’abord dans l’Union européenne à 70 % ; l’Allemagne étant notre premier client. Viennent ensuite la Russie (88 millions d’euros), l’Ukraine (78 millions d’euros), et toute l’Afrique du nord et subsaharienne (28 millions d’euros). « En Asie, nous exportons essentiellement des variétés génétiques (Nota bene : à destination de sélectionneurs) mais peu de semences physiques, souligne le responsable du GNIS. Quant à l’Amérique du Sud, notre présence s’inscrit essentiellement à travers les filiales des groupes français aux Etats-Unis ».

L’avenir de la filière

Selon la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, la production alimentaire mondiale devra augmenter de façon durable (tant au plan environnemental, économique que social) de 70 % d’ici 2050 pour nourrir 2,3 milliards de personnes supplémentaires dans un contexte de changement climatique. Les acteurs français du secteur des semences sont mobilisés pour répondre à ce défi et cherchent toujours à développer de nouvelles variétés adaptées aux besoins. Les sélectionneurs, qui opèrent sur le terrain, sont ainsi associés aux travaux de laboratoire des scientifiques, notamment pour obtenir des variétés plus résistantes aux conditions climatiques ou à certains parasites spécifiques à certains pays. Les évolutions permises ainsi peuvent être considérables.

Barbara Leblanc

Dernière modification : 04/02/2015

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