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La coopération decentralisée à Madagascar


La coopération décentralisée franco-malgache est devenue en l’espace de quatre années l’une des coopérations décentralisées les plus dynamiques de la Zone de Solidarité Prioritaire . Initiée par des jumelages au lendemain de l’indépendance, le véritable développement de la coopération décentralisée débute avec les Assises de 2006. Une dizaine de régions françaises entrent en jeu, avec l’appui de l’ARF (Association des Régions de France), qui signe avec son homologue malgache une convention, renouvelée en 2011. En outre, un groupe pays « Madagascar » est constitué au sein de Cités Unies France. La France représente 95% des partenariats de coopération décentralisée, les 5% restants sont d’origine suisse et norvégienne. Ces collectivités sont inégalement réparties dans l’île, avec une plus importante concentration sur les hauts plateaux et le littoral oriental.


Les principaux acteurs de la coopération décentralisée à Madagascar sont :



- Le Ministère malgache de l’aménagement du territoire et de la décentralisation (MATD), qui vient de mettre en ligne un site dédié à la coopération décentralisée malgache (www.coopdecmada.mg) ;


- la France a mis à la disposition du MATD deux agents (une VI en charge du suivi des projets et actions portés par les CTD françaises et une assistante technique sénior en charge du suivi des projets d’appui aux processus de décentralisation, de la coopération décentralisée et du renforcement des relations entre l’ARF (Association des régions de France) et l’ARegM (association des régions malgaches) créée en septembre 2010 )* ; ces assistants techniques, mis à diposition du MATD, travaillent sous double tutelle française et malgache et, pour ce qui concerne la partie française, en relation étroite avec l’attaché de coopération qui = au sein du SCAC = a en charge le suivi de la coopération décentralisée et l’appui à la décentralisation/déconcentration mise en oeuvre par les autorités malgaches.


- les collectivités territoriales françaises : On dénombre aujourd’hui la présence à Madagascar de 11 Régions françaises, 11 départements, 7 intercommunalités et au moins 22 communes. Globalement, les partenariats métropolitains de coopération décentralisée ont injecté entre 4 millions d’euros en 2006 et 8.3 M en 2010, soit un doublement en quelques années,


- les co financements du MAEE : le dernier appel à projets du MAEE, triennal 2010-2012, s’est révélé être un vrai succès pour Madagascar : les coopérations décentralisées ont ainsi obtenu 1.436.000 euros, assurant le co-financement de 13 projets dont le montant global s’élève à 6.511.000 euros.


- Les collectivités territoriales de la Réunion disposent à Tananarive de bureaux de représentation dans le cadre de leurs prérogatives réglementaires spécifiques (signature d’accords cadres de coopération entre les deux îles). La départementalisation en cours va donner à Mayotte les mêmes outils dans un avenir immédiat.


- l’AFD envisage de lancer un programme d’appui aux villes secondaires. Ce projet doit démarrer en 2012 en lien avec la coopération décentralisée. Les villes et l’approche restent à définir sachant qu’il s’agira de créer des infrastructures économiques susceptibles de générer des revenus aux collectivités (déchets, eau et assainissement, marchés, abattoirs, gares routières, …).


- l’Union Européenne prépare le lancement d’un programme d’appui aux autorités locales en 2012. Cette ligne, ouverte aux collectivités européennes et groupements (Eurocities, UTDA, CCRE), doit permettre de développer les projets de coopération entre collectivités européennes et malgaches. Les Termes de référence seront définis fin 2011 et l’appel à manifestation d’intérêt sera lancé début 2012. Le budget serait de 2M euros en 2012 et d’1M en 2013.


Les besoins exprimés par les collectivités territoriales malgaches sont très importants :


Les collectivités françaises, suivant leurs compétences, sont sollicitées dans les domaines suivants :
-  Appui à la recherche, à la formation professionnelle et l’apprentissage ; (cf. les programmes portés par les Régions Aquitaine, Basse et Haute Normandie, Bretagne, Picardie ou La Réunion) ;
-  Appui au développement économique via les Chambres de commerce et d’industrie françaises et malgaches mais aussi à travers l’aide à la création de la laboratoires ou de processus de contrôle qualité, de centres de gestion, de soutien à l’essor de secteurs comme l’agriculture, le tourisme, etc ;
-  Appui au développement culturel, qui peut constituer un levier économique, à travers le soutien aux festivals et à la préservation-valorisation du patrimoine ;
-  Co - financements sur les projets communaux soutenus par un fonds de développement local piloté par le MATD ;
-  Soutien au développement territorial et à l’aménagement du territoire, ainsi qu’à la mise en œuvre des possibilités ouvertes par la loi Oudin Santini en matière d’eau et d’assainissement ; une ONG malgache, le CITE, appuyée financièrement par le SCAC, coordonne à cet effet sur l’ensemble du territoire les activités du réseau PSEAU ;
-  A la demande du MATD en relais du Ministère de la santé, appui à la formation du personnel paramédical : il s’agit là d’un secteur en danger, car composé de personnels peu formés et pas assez nombreux.


Les perspectives de la coopération décentralisée franco-malgache


Les perspectives de la coopération décentralisée franco-malgache restent soumises à l’amélioration de la situation politique interne. Nul ne doute qu’un contexte politique normalisé permettra enfin d’organiser la tenue d’un évènement mobilisateur à un horizon 2011 - 2012 (sur le modèle des Assises de 2006), qui favorisera à nouveau les énergies en faveur de la coopération décentralisée. En outre, c’est avec le processus en cours de décentralisation que cette forme de coopération pourra s’affirmer à l’échelon local, le mieux approprié.


* Le partenariat de l’ARF et de l’ARegM (association des régions malgaches) a pour vocation de renforcer les capacités institutionnelles des équipes régionales malgaches grâce à la mobilisation de leurs homologues françaises (sessions de formations, échanges d’expériences, réseau de capitalisation et de mutualisation, etc.)

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