La stratégie de la coopération civile à Madagascar en 2011

La coopération civile française est effectuée par le Ministère des Affaires étrangères et européennes et par l’Agence française de développement (AFD), operateur de l’aide publique au développement notamment engagé dans les secteurs cibles des OMD, sous la cotutelle du ministère précité et du ministère de l’économie et des finances.

Madagascar (20 millions d’habitants et 592 000 KM²) figure, en termes d’Indice de Développement Humain (IDH), au 143ème rang sur 177 pays classés . Avec un IDH de 0,435, le pays fait partie de la catégorie des « pays à développement humain moyen », mais reste très pauvre. De fait, Madagascar cumule des indicateurs préoccupants :
PIB par habitant de 443 dollars par an en 2010 ;
- Près du tiers des malgaches ont une espérance de vie inférieure à 40 ans ;
- 30 % d’analphabètes chez les adultes de plus de 15 ans ;
- Environ 55 % de la population n’a accès ni à l’eau potable, ni à l’électricité ;
- 77 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (moins de 2 $ par jour) ;
- Croissance démographique stable à un niveau très élevé de 2,7 % par an. ;
- 49 % de la population a moins de 15 ans ;
- 1,7 % de séropositifs parmi la population en âge de procréer.
- Après la crise politique de 2002, l’économie malgache avait rebondi et les données macro-économiques étaient plutôt positives :
- Le taux de croissance économique a été en moyenne de 5,6 % par an de 2004 à 2008 en grande partie grâce à d’importants investissements dans le secteur minier ; en 2009, le taux de croissance est descendu à -3.9% pour se redresser en 2010 à -1.7%.
- L’inflation s’est peu à peu tassée passant de 27 % en 2004 à 9,8 % en 2010.

Bénéficiant d’un rythme de croissance soutenu entre 2003 -2008, la crise politique qui a débuté fin 2008 a brisé ce mouvement, en 2009, la production nationale s’est contractée de 3,5%, en 2010 elle s’est redressée pour atteindre timidement 0.3% de croissance.

La situation sociale s’est parallèlement détériorée depuis 2 ans, le taux de pauvreté est ainsi passé de 68% % à 76.5% entre 2005 et 2010. Les indicateurs de santé se sont également dégradés mettant la population dans un état de vulnérabilité inquiétant.

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Tananarive, vue sur le lac Anosy

Avant la crise politique, la stratégie de coopération était définie par le document cadre de partenariat qui avait pour vocation de fixer les grandes orientations et priorités de la coopération civile française, avec Madagascar, en réponse aux besoins et demandes exprimées par les autorités malgaches, et de constituer un outil de pilotage de la coopération civile bilatérale. Ce Document, qui résultait d’un travail préparatoire conjoint, s’inscrivait résolument dans le cadre des orientations stratégiques et des politiques de développement arrêtées par le gouvernement malgache [le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP), puis le Plan d’Action pour Madagascar (« MAP ») depuis 2007].
Il s’inscrivait également dans un souci de concertation et de cohérence avec les programmes mis en œuvre avec les principaux autres partenaires financiers de Madagascar, et cherchait à renforcer l’insertion du pays dans son environnement géographique, en développant la coopération régionale.
Ce document est arrivé à échéance, la situation n’a pas permis de renouveler ce partenariat, cependant les orientations et les secteurs stratégiques restent les mêmes.

Visite du Ministre de la Coopération, M. Henri de Raincourt - JPEG

Les orientations stratégiques de la coopération française au développement sont les suivantes :
Quatre secteurs prioritaires de coopération ont été identifiés en référence aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ce sont :

- L’éducation, avec notamment l’amélioration du système d’information et de pilotage de la politique éducative, le renforcement de la qualité de l’enseignement, la rénovation et le développement des infrastructures éducatives, ainsi que le développement de la formation professionnelle ;

- Le développement rural, avec l’appui à la formulation des politiques agricoles, la diversification de la production et des exportations et le développement de systèmes de production compatibles avec la gestion durable des ressources naturelles ;

- Le développement des infrastructures, avec comme principaux thèmes le développement des infrastructures urbaines, en particulier dans le « grand Antananarivo », et l’énergie, l’accès à l’eau et l’investissement (contribution au plan de redressement de la JIRAMA) ;

- La santé, en privilégiant le renforcement des politiques publiques de santé, l’accès de la population à des soins de qualité et la lutte contre le VIH/SIDA et les maladies transmissibles.

Au delà de ces secteurs prioritaires de concentration, trois domaines « transversaux » de partenariat, susceptibles d’avoir une influence sur l’ensemble des secteurs de l’activité économique et sociale, ont été retenus.
Il s’agit :

- De la gouvernance et de l’Etat de droit, avec des appuis spécifiques en matière de Justice et de renforcement des capacités institutionnelles, en particulier au niveau des Finances publiques, et des actions venant en appui au processus de décentralisation et à la réforme foncière. Le renforcement de la coopération décentralisée et la participation de la société civile au développement seront également encouragés ;

- Du renforcement des capacités par l’enseignement supérieur et la recherche, en visant plus particulièrement la rénovation des enseignements supérieurs et de la recherche, et le développement de formations professionnalisantes, en partenariat avec les universités et les instituts de recherche ;

- De la diversité culturelle et la francophonie, avec l’appui au développement du bilinguisme, malgache et français, à Madagascar, l’enrichissement de l’environnement culturel et l’appui à la création culturelle.

D’autres interventions peuvent avoir lieu dans des secteurs hors concentration, en particulier sur les thèmes de la protection de la biodiversité, et du développement du secteur privé. Elles bénéficient cependant de financements moins élevés que les secteurs retenus comme prioritaires.

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document cadre de partenariat

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annexe 1

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annexe 2

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Dernière modification : 13/03/2013

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