Présentation de l’ouvrage "Madagascar sur le chemin des Objectifs du Millénaire pour le Développement" (04.11.2010)

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Intervention de M. Jean-Marc CHATAIGNER, Ambassadeur de France à Madagascar A l’occasion de la présentation de l’ouvrage « Madagascar sur le chemin des Objectifs du Millénaire pour le Développement »


IRD – le 04 novembre 2010

Je suis particulièrement heureux d’être parmi vous aujourd’hui pour la présentation de cet ouvrage. L’institut de Recherche pour le Développement (IRD) joue un rôle-clé dans le domaine de la recherche au développement dans les pays du sud. La lutte contre la pauvreté est l’un de ses six axes prioritaires d’intervention. Dans ce contexte, l’ouvrage réalisé par François Roubault et ses collègues est un magnifique exemple de lien entre recherche et action, un travail d’analyse des données qui doit permettre aux décideurs publics, en premier lieu les décideurs politiques locaux mais aussi les bailleurs de fonds, de mettre en place de meilleures politiques publiques, d’avoir une action davantage orientée vers les résultats. Le problème n’est pas de faire des erreurs, tout le monde en fait, mais de tirer des leçons de ses erreurs pour ne pas les répéter.

Les liens de travail établis avec l’IRD, l’Ambassade, l’AFD sont donc pour moi essentiels pour avoir une vision la plus « compréhensive » ou en bon français la plus intégratrice possible de la situation. Le développement d’un pays se construit à partir d’interactions et de la mise en cohérence de ses différentes politiques publiques : politique économique, politique fiscale, politique commerciale, politique sociale…

L’approche du Développement par les OMD à laquelle se réfère l’ouvrage qui nous est présenté peut avoir certains défauts : caractère universel des OMD ne tenant pas compte des spécificités locales, approche bureaucratique du développement en termes de grands indicateurs quantitatifs, vision dirigiste des évolutions sociales… Un de mes amis avait d’ailleurs comparé dans un article les OMD à des « éléphants de papier ». Néanmoins, les avantages de cette approche en terme d’OMD me semblent largement l’emporter sur les inconvénients : accent mis sur l’homme et la lutte contre ce fléau que constitue la pauvreté ; accent mis sur les différentes composantes du développement humain (l’éducation, la santé, la parité homme/femme). On ne connaît aucun exemple dans le monde de développement durable, de croissance soutenue, sans qu’il y ait eu préalablement un investissement massif dans le développement humain (Maurice, Tunisie, Maroc, Chine, Inde…) avec une amélioration des taux de scolarisation et des indicateurs de santé.

Quel bilan tirer pour Madagascar ?

Je laisserai François Roubault développer son argumentaire, mais ce que j’avais relevé dans ma préface, c’était plutôt un bilan en demi-teinte, avec des progrès réels dans les domaines de l’Education et de la Santé par exemple (cf. lutte efficace contre le paludisme), en revanche, des difficultés réelles pour faire reculer efficacement la pauvreté et lutter contre la malnutrition chronique. La croissance économique a été réelle en 2007/2008 mais largement tirée par les investissements miniers avec une politique redistributrice qui n’a sans doute pas été au rendez-vous. On peut aussi s’interroger sur la pérennité/pérennisation des résultats obtenus, alors que Madagascar vient de traverser deux crises graves : crise politique (et ralentissement subséquent de l’APD) / crise économique et financière mondiale.

Dans ce contexte, comment peut-on mieux faire ? J’espère que l’ouvrage de François Roubault et son équipe suscitera le débat et des réflexions. Je vois pour ma part au moins quatre pistes de travail à développer :
(1) Une réflexion à approfondir sur la gouvernance démocratique et les obstacles au développement, comme la corruption, le népotisme, l’insécurité juridique et physique (allant au-delà de la seule question des élections).

(2) Une réflexion sur l’exploitation des ressources naturelles. Elles existent à Madagascar : comment mieux en faire profiter le pays et la population ?

(3) Une réflexion sur un développement harmonieux du territoire avec une approche équitable entre les secteurs urbain et rural. 80 % du pays ne peut pas rester à côté.

(4) Une réflexion sur la nécessaire transition démographique du pays et son impact sur le modèle social malgache.

Télécharger la présentation de l’ouvrage
Madagascar sur le chemin des Objectifs du Millénaire
pour le Développement
au format PDF

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Dernière modification : 03/06/2011

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