Retour sur la Conférence sur Ebola à l’IFM

Retouvez la présentation officielle réalisée par l’Institut Pasteur de Madagascar au sujet d’Ebola

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Cet exposé était suivi d’une session de questions/réponses dont voici une sélection :

Q/ Comment diagnostique-t-on Ebola à Madagascar ?

R/ L’Institut Pasteur détient des tests permettant de faire un diagnostic du virus en 4h. A ce jour, près de 3 kits de 96 tests sont disponibles et prêts à être renouvelés si besoin.

Q/ Pourquoi Ebola tue plus que d’autres virus ?

R/ Le virus Ebola a la particularité d’attaquer plusieurs types de cellules alors que beaucoup de virus ne se concentrent que sur un type particulier de cellule (virus du sida par exemple). De plus, il tue directement les cellules infectées.
Chaque personne réagit différemment à cette attaque : le système immunitaire d’un individu peut développer des anticorps pour lutter contre le virus – ce qui explique un taux de mortalité variant autour de 50%.

Q/ si l’on ne tombe pas malade après les 21 jours, est-on immunisé ?

La période d’incubation du virus – c’est-à-dire la période entre l’entrée du virus et la déclaration de la maladie- est de 21 jours maximum (en pratique la maladie se déclare sous 8 à 10 jours). Après 21 jours, si la personne ne tombe pas malade, cela signifie que le virus n’est plus présent dans son organisme donc elle n’est plus en danger ni contagieuse. Cependant, si elle a développé des anticorps qui l’ont protégé contre le virus, cela ne signifie pas forcément qu’elle sera immunisée à vie contre d’autres souches du virus.

Q/ Que fait-on pour vaincre le virus aujourd’hui ?

Compte tenu de l’urgence de la situation, la recherche bénéficie de plus de moyens pour trouver une solution. Si aucun traitement thérapeutique ou préventif n’est pour le moment efficace, plusieurs pistes sont étudiées : la sérothérapie, la production d’anticorps, le test de molécules antivirales déjà existantes… Aujourd’hui aucune solution n’est infaillible mais face à l’urgence de la situation, les procédures sont plus rapides et les financements plus nombreux pour aider la recherche.

Q/ Le virus peut-il être transmis par le moustique ou la mouche ?

Tel qu’il est aujourd’hui, non. Le virus n’est pas adapté pour survivre au sein d’un insecte, mais il infecte par contre les mammifères. L’une des hypothèses actuellement est que la chauve-souris sert de « réservoir » au virus. Néanmoins, il ne s’agit pas non plus de toutes les espèces de chauve-souris – comme expliqué dans la présentation. A Madagascar, les espèces de chauve-souris présentes sur le territoire n’ont pas les mêmes caractéristiques que leurs cousines éloignées africaines porteuses du virus.

Q/ Le débat autour du virus a montré que la crise sanitaire est également une crise culturelle voire spirituelle, pourquoi n’y a-t-il que des scientifiques qui animent cette conférence ?

Il y a effectivement une forte dimension culturelle dans cette crise : les précautions à prendre afin d’éviter une épidémie peut avoir des impacts sur les relations sociales ou les rites funéraires par exemple (le défunt est encore contagieux pendant quelques heures).
D’une façon générale, l’IPM ne néglige pas l’aspect anthropologique des crises sanitaires – une équipe d’anthropologues travaille au sein de l’institut sur ces questions pour la peste par exemple. Seulement, Madagascar aujourd’hui n’est pas concerné par le virus Ebola– et surtout une première mise au point scientifique était nécessaire pour faire face aux rumeurs actuelles.

Le Secrétaire général du Ministère de la santé a souligné que c’était aujourd’hui son rôle d’informer la population des risques mais aussi d’éviter la désinformation et la panique d’où l’importance de l’exposé des instituts de recherche en amont.

Concernant Ebola, une anthropologie du virus existe suite à l’épidémie au Congo et en Ouganda. Alain Epelboin, médecin et anthropologue montre l’impact des comportements dans la propagation du virus (panique, pratiques à abandonner).

A Madagascar, l’enjeu est d’anticiper une éventuelle crise afin de ne pas être totalement vulnérable dans le cas où le virus atteint l’île et de réagir rapidement – au niveau médical mais aussi au niveau des comportements. Les intervenants ont rappelé que la société peut s’adapter face à la pression sociale mais aussi grâce à une bonne compréhension du problème et des enjeux.

Q/ Est-ce que des actions de sensibilisation sont de ce fait mises en place aujourd’hui ?

Une forte campagne de sensibilisation est menée dans les aéroports mais le Ministère s’appuie aussi et surtout sur les agents de santé répartis sur l’ensemble de l’île ainsi que les médias. C’est un travail de longue haleine qui doit continuer à se développer.

Dernière modification : 16/10/2014

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