Tamatave - Visite de l’Ambassadeur organisée par les Conseillers du commerce extérieur

Allocution de l’Ambassadeur de France à Madagascar -
Réception du 16 décembre 2011 à l’occasion de la mission des conseillers français du Commerce Extérieur à Tamatave

• Bonjour Mesdames et Messieurs, je suis particulièrement satisfait de vous rencontrer ici à Tamatave, et je vous demande, ainsi qu’à Monsieur le Consul, de bien vouloir pardonner ces changements de programme tout à fait indépendants de notre volonté. Vous savez comme j’aime rencontrer nos compatriotes dans toutes les villes de Madagascar, je ne vous ferai pas la liste de toutes les localités que j’ai visitées car cela ressemble à un répertoire pour carte routière, je mentionnerai simplement que mes 2 dernières visites ont été à Fianarantsoa et Ambalavao, dans les vignes, pour rendre visite à des investisseurs Français qui croient en ce Pays et n’hésitent pas à y planter, donc à y travailler pour l’avenir.

• Ici, à Tamatave, invité par la section des Conseillers du Commerce extérieur de la France qui désiraient mieux s’informer des réalités économique de cette province, j’ai eu la chance ce matin de visiter les installations du projet d’Ambatovy et de m’entretenir avec quelques hommes d’affaires implantés ici. Je constate que beaucoup de choses ont changé dans la ville et tous, j’en suis sûr, vous devez vous adapter à la nouvelle donne. J’espère que de nouvelles initiatives vont continuer à se développer, que la stabilisation politique va permettre de reprendre les projets financés par les bailleurs internationaux (sur le port par exemple), qu’ici aussi la vie économique va reprendre le pas sur les aléas politiques.

• Madagascar a certainement pris conscience ces derniers mois de n’être pas une île isolée ; la réussite du Forum économique des îles de l’Océan Indien en octobre à Fort Dauphin a contribué à renforcer ce sentiment d’appartenir à une plus grande famille, à ce sentiment de compter pour ses voisins. La France de l’Océan indien avec la Réunion et Mayotte est la première voisine de Madagascar et le développement régional est également sa première préoccupation. Sur les 24 millions d’habitants des îles de l’Océan indien, 1 million est constitué de citoyens français. Notre frontière commune est à moins de 300 km. Madagascar est pour la France un voisin plus proche que la Hollande ou l’Autriche. Nous avons la mer en partage, nos richesses sont complémentaires tant sur le plan humain que dans le domaine économique, et il n’est pas nécessaire que cette crise soit terminée pour se préoccuper de les développer. Tamatave est bien entendu l’un des points majeurs de cette relation de voisinage et de rapprochement entre nos communautés d’affaires, entre toutes les îles de l’Océan indien, vous êtes au cœur de ce dialogue essentiel.

• Vous savez que la semaine dernière le Président Sarkozy a reçu le Président de la Transition malgache, Andry Rajoelina. Ce voyage a été rendu possible grâce aux progrès dans l’application de la feuille de route. Je ne me lasse pas de répéter (et j’espère que je ne lasse pas les concitoyens qui m’écoutent) : la France soutient la médiation de la SADC, de sa Troïka, et les efforts de tous les acteurs malgaches pour surmonter leurs divergences et appliquer la feuille de route. Le développement de Madagascar passe par le retour à un ordre démocratique et institutionnel stable. Avec la démocratie, nos amis Malgaches, Madagascar pourra construire une vision stratégique de son futur. Le processus commence par des élections, ouvertes et crédibles, soutenues par toutes les bonnes volontés. Ce ne sera certes pas suffisant mais c’est une étape essentielle.

• Un Gouvernement élu pourra recevoir l’aide de tous les bailleurs internationaux. Mais déjà vous voyez les effets positifs des progrès réalisés : l’Ambassadeur de Suisse à Madagascar a pu remettre ses lettres de créance, le représentant de l’Union européenne s’apprête à faire de même, début janvier, l’Union européenne a débloqué 100 millions d’euros pour 2012, pour des actions dans le domaine social et humanitaire. L’AFD et le Ministre des Finances malgache ont signé la semaine dernière à Paris une convention de 10 millions d’euros dont la plus grande partie va servir à réhabiliter les ruelles de Tananarive dans les quartiers déshérités.

• Parallèlement aux acteurs politiques les acteurs économiques essaient de redresser la barre : vous aurez remarqué que les organisations patronales malgaches se préoccupent actuellement des mesures à prendre. Le Syndicat des Industries Malgaches a fait signer le 16 septembre par tous ses membres une Charte pour la transparence et contre la corruption. Ces entreprises s’engagent à ne pas tricher face au fisc, à ne pas obtenir d’avantages illicites, à travailler dans la clarté. Il n’y a là rien de simple et il faudra beaucoup de détermination pour appliquer ces principes dans leur intégralité car de mauvaises habitudes ont bien souvent été prises. Des chefs d’entreprises viennent s’en ouvrir à moi chaque semaine. Je salue donc particulièrement cette initiative.

• Le Groupement des entreprises malgaches, le GEM, de son coté, vient d’établir avec la participation de tous les syndicats professionnels qui le composent une liste de mesures pour la relance dont j’ai eu à lire les propositions. Je suis certain que le Gouvernement de transition aura à cœur de les étudier et d’en discuter et que le dialogue entre les mondes politique et économique va permettre d’avancer.

• Toutes les entreprises de Madagascar ont besoin de cette relance. Ici à Tamatave, aussi bien qu’à Majunga ou à Tuléar. Dans tout le pays un avenir plus dégagé permettra la création d’emplois. Vous en avez besoin ici où les principaux investissements du projet Ambatovy sont terminés. Une adaptation constante aux changements est indispensable. Mais les perspectives pour demain sont encourageantes. C’est pour cela que la France a continué de soutenir Madagascar pendant cette crise et qu’elle ne déviera pas du chemin choisi. Nous croyons, ensemble que Madagascar a tous les ingrédients pour reprendre son développement et devenir le nouveau « dragon de l’Océan indien ».

• Pour ce qui nous concerne, nous Français, je ne vous ferai pas l’injure de vous rappeler que nous avons des échéances électorales françaises importantes en 2012, les élections présidentielles les 22 avril et 6 mai, les élections législatives les 3 et 17 juin. Il convient, je vous le rappelle, que vous vous inscriviez sur les listes électorales consulaires au plus tard le 31 décembre 2011. Même si cette date est un samedi, il y aura une permanence au Consulat pour les « retardataires ». L’enjeu démocratique est important. Pour la première fois, les Français résidant hors de France vont élire 11 députés qui vont les représenter et par conséquent, la participation à cette élection revêt une grande importance pour notre communauté à l’étranger.

• Concernant le Lycée français, je voudrais tout d’abord souligner le travail remarquable réalisé par le proviseur Jean Pierre Govignon (qui malheureusement nous quittera à l’été prochain) et ses équipes tant administratives que pédagogiques ; souligner aussi, parce qu’elle est essentielle dans un établissement à gestion indirecte, l’engagement de l’association des parents d’élèves gestionnaire du Lycée.

Les 876 élèves du Lycée français de Tamatave (dont 414 français) ont la chance d’étudier dans un établissement où l’enseignement est de qualité et les résultats remarquables. Comme vous le savez, dans la réforme du réseau des établissements français conduite par l’AEFE à Madagascar, une place particulière est accordée au Lycée de Tamatave.

Et cette attention se traduit par des actes concrets :

• D’abord un effort de diversification des filières, avec la création de la filière STG (classe de première à la rentrée 2011 puis Terminale à la rentrée 2012) ;

- le maintien du poste d’expatrié de lettre qui aura un rôle de conseiller pédagogique au sein du Lycée.

Surtout, et cela doit être souligné dans cette période budgétairement difficile, la décision récemment prise par le Conseil d’Administration de l’AEFE de remise totale pour 2011 sur la contribution du Lycée aux salaires des résidents (soit une économie de 280.000 € pour l’établissement ) à laquelle s’ajoute celle d’attribuer une subvention de 400.000 € ; le tout (680.000 €) permettant de mener à bien des travaux immobiliers qui offriront un ensemble CDI/documentation/salle des profs/salle(s) de permanence et d’engager un travail de réflexion sur la sécurité de l’établissement. Je sais sur ce point que le mur d’enceinte est un de vos sujets de préoccupation.

Il s’agit là de mesures qui traduisent concrètement l’attention portée par l’AEFE et la volonté de conduire résolument la réforme annoncée en s’en donnant les moyens. Comme vous le savez, dans le même temps, des investissements très importants sont réalisés pour conduire aussi à Tananarive un programme immobilier de grande ampleur.

La situation du Lycée de Tamatave était il y a deux ans peu assurée et des efforts considérables ont été faits par tous, à l’initiative de l’association de parents gestionnaire, avec le concours décisif de l’AEFE (déjà par des moratoires sur les contributions aux salaires des résidents) afin de rétablir l’équilibre budgétaire de l’établissement.

Tous les acteurs impliqués dans le Lycée doivent être remerciés pour l’action qui a été conduite. Je sais que les augmentations des droits d’écolage ont pu susciter chez certains de la grogne, des interrogations. Ces décisions prises par le comité de gestion répondaient à des contraintes fortes. Les dispositions que je viens d’annoncer (remise sur les remontées de salaire des résidents et subvention) témoignent de l’attention de l’administration et de la volonté de vous accompagner = parents et enseignants = dans le travail remarquable que vous effectuez au bénéfice de vos enfants, de tous les enfants accueillis dans le Lycée.

Je pourrais aussi citer le nouvel internat dont le projet porté par le proviseur a été accompagné par l’ambassade et l’AEFE (notamment le service des bourses) et là encore, comment ne pas vous féliciter parents et administration du Lycée pour ce que vous avez réalisé ?

Alors que vous allez, nous allons, bientôt fêter les quarante ans du Lycée ; je crois que nous pouvons être résolument optimistes. On m’a dit que parents, enseignants et élèves ont le projet de donner un nom à l’établissement. Je ne doute pas que la communauté trouvera le nom qui convient et je serai heureux d’être avec vous pour fêter les quarante ans du Lycée et pour baptiser ce Lycée auquel nous sommes tous attachés…

• Je ne saurais manquer de saluer ici le travail réalisé au sein de l’Alliance française de Tamatave, une de nos vingt neuf alliances, l’une des plus importantes aussi comme le mérite Tamatave. Un nouveau directeur est arrivé, Pascal Rezzouk, qui nous vient du Sénégal d’où il nous avait d’ailleurs été recommandé par un ami personnel et un ami de Madagascar (notre COCAC à Dakar, Jean Luc Le Bras, bien connu je crois de M. Cassam Chenai) qui avait tout le bien qu’il en pensait à mon COCAC.

M. Rezzouk poursuit l’oeuvre engagée par ses prédécesseurs, Jacques Montourcy et Laurent de Vathaire, qui au fil des années ont fait de l’alliance le lieu accueillant que vous connaissez aujourd’hui. Cette "Villa Bang" qui est mise à disposition de l’Alliance par une famille de résidents (Famille Bang) que je tiens à saluer encore une fois cette initiative généreuse qui traduit une francophilie et une francophonie militantes.

Grâce à ce partenariat exceptionnel, l’Alliance Française de Tamatave est certainement l’une des plus séduisantes, coquettes, du réseau des alliances. Les équipes qui y travaillent sous les directeurs que se succèdent améliorent au fil du temps l’accueil de membres et et visiteurs de l’alliance ; c’est ainsi qu’au fil des années passées a été construite une extension au bâtiment « historique » ainsi qu’un Centre d’enseignement artistique unique en son genre, sur des financements publics Français (SCAC, DGAF et réserve Parlementaire) et privés (partenaires locaux).

L’Alliance est aujourd’hui le seul centre de formation continue à la langue française « sous toutes ses formes », l’unique lieu d’expression artistique et probablement la seule bibliothèque Grand public de la ville, ce qui en fait un point focal de la coopération franco-malgache à Tamatave. Elle est en outre fréquentée par nos ressortissants à l’occasion surtout des expositions et événements musicaux. Elle est parfois contrainte d’organiser ses manifestations culturelles dans d’autres lieux faute d’espace suffisant mais cela a pour vertu de participer à la dynamisation d’autres espaces en relation avec les partenaires locaux, publics et privés, de la ville.

• Je vous propose donc de boire à ce futur et à votre santé à tous./.

Dernière modification : 21/12/2011

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