Visite du Ministre de la Coopération, Henri de RAINCOURT, sur le site AKAMASOA du Père Pedro (19.02.2011)

Le 19 Février 2011, visite du Ministre de la Coopération, Henri de RAINCOURT, sur le site AKAMASOA du Père Pedro accompagné de Jean-Marc CHATAIGNER, Ambassadeur de France

Discours du Ministre chargé de la coopération lors de la visite du site AMAKOSA et de l’inauguration du nouveau "village".

Samedi 19 février 2011
Antananarivo – Madagascar

Mon Père,
Monsieur le Ministre des Finances et du Budget
Monsieur le Président par délégation spéciale de la Commune Urbaine d’Antananarivo
Monsieur l’Ambassadeur de France,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est avec beaucoup de plaisir et une grande émotion que je suis aujourd’hui parmi vous, à Antananarivo, dans un village AKAMASOA, pour inaugurer solennellement — et joyeusement — ce nouveau village qui permettra d’accueillir prochainement des familles accompagnées par AKAMASOA.

Ces nouvelles maisons ont été financées par les fonds du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), contrat par lequel la France a souhaité alléger davantage la dette extérieure de Madagascar, au-delà même des engagements internationaux multilatéraux.

Lorsque le Père Pedro, inlassable défenseur des plus pauvres, a demandé un appui, nous avons fait tout notre possible pour y répondre favorablement et rapidement, et nous en voyons déjà le résultat. Ce financement, décidé conjointement par les autorités malgaches et françaises fin 2009, visait à porter rapidement assistance aux personnes les plus vulnérables de la capitale de Madagascar, les plus durement touchées par la crise économique, et à témoigner de notre reconnaissance et de nos encouragements à l’action menée depuis 1989 par le Père Pedro et l’association AKAMASOA.

Lorsqu’on voit ces constructions nouvelles, le travail d’Akamasoa et les réalisations du Père Pedro, on garde l’espoir de pouvoir améliorer significativement les conditions de vie des plus pauvres, de permettre à la jeunesse malgache de garder une espérance et de pouvoir construire son avenir. Nous sommes donc très fiers et très heureux d’avoir pu apporter cette modeste pierre à l’œuvre d’Akamasoa.

Dès les premiers mois de 2009, la France a décidé de poursuivre sa coopération avec Madagascar, notamment dans les secteurs sociaux. La France souhaitait ainsi exprimer concrètement sa volonté d’aider les populations et de ne pas renvoyer à un horizon incertain des actes essentiels de solidarité et de développement.

Le Contrat de Désendettement et de Développement n’est pas le seul instrument mobilisé pour Madagascar, même s’il a permis d’aller rapidement vers certains besoins urgents. La France, au travers, entre autres, de notre Agence Française de Développement, a poursuivi ses activités, et c’est ainsi qu’ont pu être achevées la réhabilitation du port de Diego-Suarez, les voiries de Mahajanga et de Morondava et que se poursuivent la construction de collèges et de centres de formations d’instituteurs dans tout le pays ainsi que la mise en œuvre d’importants concours dans les domaines de l’agriculture et de la santé et pour le développement des secteur financier et privé.

La coopération française sous toutes ses formes – le Service de Coopération, l’AFD, les coopérations décentralisées et les ONG – ont depuis longtemps identifié le défi et l’opportunité d’accompagner le développement des villes, en général et à Madagascar en particulier. C’est ainsi que plusieurs programmes de développement urbain sont en phase de concrétisation pour l’agglomération de Tana.

S’agissant des déchets, réservoir de maladies et de nuisances lorsqu’ils ne sont pas correctement stockés et traités, c’est un sujet majeur pour nos cités. A Tana - et c’est un autre volet de ma visite aujourd’hui, il est inéluctable de devoir fermer définitivement le site de la décharge d’Andralanitra, situé ici-même, en pleine ville et à proximité immédiate des populations. Mais, en attendant d’identifier et d’aménager un futur site performant pour les ordures ménagères, il faut pouvoir tenir quelques années encore… et pendant ce temps, il convient de réduire au maximum les nuisances d’Andralanitra.

C’est dans ce but qu’un don de 2M€ a été octroyé pour sécuriser le site, permettre d’en maîtriser les accès et d’en améliorer l’exploitation quotidienne, y compris pendant la saison des pluies. Ce projet de la Commune Urbaine d’Antananarivo est en phase de démarrage : les prérequis se mettent en place et les appels d’offres pour les travaux seront bientôt lancés. Le propos de ma visite aujourd’hui est, plus que jamais, d’inviter tous les acteurs à se mobiliser pour concrétiser rapidement cette action d’urgence sanitaire au profit de toute la population de la capitale.

Un autre programme d’appui au développement de la ville est également en préparation et pourrait démarrer cette année. Il s’agit du projet « Lalanakely » (« ruelles » en malgache). Le plus grand nombre des Tananariviens se déplacent inlassablement à pied dans des ruelles non aménagées, empruntent des escaliers et des passerelles de fortune pour aller de leur maison à l’école, aux marchés, à la borne fontaine, au lavoir… En saison des pluies, ces ruelles deviennent impraticables, boueuses, inondées… les déplacements élémentaires deviennent une épreuve quand ce n’est pas un risque.

C’est pourquoi, un prochain concours de la France, à hauteur de 9 M€ visera à l’aménagement de 130 km de ruelles prioritaires, avec l’assainissement, la construction ou la réhabilitation des équipements sanitaires élémentaires (blocs sanitaires, bornes fontaines) pour la vie des quartiers. Ces réalisations devraient toucher plus de 600 000 personnes (près d’un quart de la population) dans une quarantaine de quartiers de la capitale et dans une trentaine de quartiers des communes environnantes.

Quand on y regarde, la France reste convaincue qu’une poursuite des actions de coopération pour le développement est possible et souhaitable à Madagascar, y compris et surtout pendant la crise, pour aider les plus vulnérables mais aussi les plus entreprenants à croire en un avenir meilleur. En 2010, l’aide publique française pour Madagascar ne s’est pas démentie puisqu’elle a atteint plus de 48 M€. De ce fait, j’en suis convaincu, la France doit aussi œuvrer, sans relâche, pour inciter d’autres gouvernements à poursuivre ou à reprendre leurs actions en faveur des populations malgaches, directement ou à travers leurs organisations internationales.

Je voudrais pour terminer, Père Pedro, vous dire, toute mon admiration pour le travail accompli avec vos équipes en faveur des plus démunis. Je voudrais également, Monsieur le Ministre, féliciter chaleureusement les autorités malgaches d’avoir su participer sur leur budget à ces réalisations, en souligner la qualité de nos relations. Enfin, je voudrais remercier les équipes françaises qui mettent en œuvre l’aide au développement d’avoir eu à cœur, malgré les difficultés, d’appuyer Madagascar dans la traversée de cette période difficile.

Mesdames et messieurs, je vous remercie.

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Télécharger le discours de M. Henri de Raincourt, Ministre de la Coopération

Dernière modification : 15/07/2011

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